L'origine du mal
Le virus (OsHV-1) qui décime les naissains et jeunes huîtres (que ce soit en Méditerranée ou sur l'Atlantique) apparaît dès que la température des eaux passe les 16°C et disparaît quand elles se refroisissent. Il laisse derrière lui des parcs vides où ne subsistent que des coquillages de plus de 30 mm.
Certains expliquent sa virulence par l'évolution du climat, d'autres par l'appauvrissement du patrimoine génétique de l'huître. D'autres encore dénoncent les pratiques conchylicoles qui mettent des naissains obtenus en écloserie dans des eaux trop douces, au printemps, pour qu'il développe ses résistances.
A ce jour, les coquillages issus d'une sélection opérée entre 2011 et 2006 et testés en 2009 (programme Mores Atlantique) ont démontré une meilleure capacité de résistance à l'herpès virus (80% de survie pour ceux qui ont été mis en eau en août 2009).
Il faut dire que la tâche n'est pas facile car depuis trois, cet herpès virus, comme tous les virus, a évolé. Toujours plus performant, il est désormais nommé "herpès variant". Pour obtenir le résultat d'une sélection natinale opérée sur 800 familles confrontées à la nouvelle version du virus, il faudra attendre encore 3 ans...
Mai 2010 - Les huîtres meurent à nouveau dans l'étang de Thau
Depuis le début du mois de mai, les "juvéniles" meurent malgré l'espoir d'une amélioration de la situation parmiles ostréiculteurs. "Environ 90% des jeunes huîtres mises en pernettes pour le pré-grossissement sont mortes et jusqu'à 100% pour celles concernées par le suivi d'Ifremer" explique Philippe Ortin, le Président de la SRC. Il s'agit d'huîtres mesurant de 8 à 25 mm, achetées aux écloseries et déposées dans des paniers (les pernettes) en attendat qu'elles parviennent à une taille qui permette de les coller sur des cordes. Mais le fléau (l'herpès virus) touche aussi les huîtres collées (entre 30 et 35 mm).
Au mois d'août, nous saurons si la sélection sur des échantillons plus ou moins larges permettront de trouver une huître résistante au virus (huîtres R). En attendant mieux, cela permettrait déjà d'avoir une huître sélectionnée sur des critères de résistance plutôt que de productivité...
Pour mémoire, en 2009, les ostréiculteurs avaient accusé une perte de 10 millions d'euros de pertes (calamité agriole). Mais nous savons que les chiffres sont plus élevéssi l'on parle de pertes réellement subies. Et on ne parle pas des dommages collatéraux....
Pour aider les professionnels de la conchyliculture, le Conseil Général a décidé de les exonérer des redevances portuaires perçues ou à percevoir au titre de k'année 2009 et d'accorder, nous l'avons évoqué, des aides exceptionnelles au titre de calamités agricoles, tout en financant des programmes de recherche pour tenter de trouver des solutions adéquates à cette crise.
Décembre 2009 - Y'aura-t-il encore des huîtres sur les tables en 2010?
Le constat est là: Après deux étés consécutifs ravageurs pour les jeunes souches en raison du virus, il n'y aura plus, dès 2010, d'huîtres de taille marchande disponibles.
De plus, face à la raréfaction du produit, le consommateur devrait se heurter à la hausse des prix (entre 20 et 30%).
Décembre 2009 - Les huîtres, plus belles que jamais
Le constat est là: Le "cru" 2009 des huîtres de Thau est de bonne augure.
En effet, son taux de chair est des plus élevés: entre 18 et 20% du poids total du coquillage. Cela est un record quand on sait que 14% suffisent pour revendiquer le label "extra".
Cela s'explique sans difficulté par la disparition d'une grande partie du stock des coquillages à cause du virus dont tout le monde parle. Les plus résistants ont ainsi eu plus de plancton à savourer et ont donc poussé plus vite. Dans beaucoup de cas, la taille commerciale a d'ailleurs été atteinte en moins de 12 mois (pour rappel, en Méditerranée, il faut entre 12 et 18 mois pour passer du naissain à la taille de commercialisation).
Le problème, d'après la SRCM, est que ces coquillages sont arrivés trop tôt à maturité. A l'heure des fêtes de fin d'année, la catégorie "3", la plus demandée en raison de sa taille moyenne, est difficile à trouver. Les huîtres sont donc savoureuses, pleines mais un peu grosses pour séduire les consommateurs.
Décembre 2009 - La mobilisation générale
Face au virus OsHV-1, l'Ifremer, les pouvoirs publics, les professionnels et les écloseries se mobilisent.
Dans l'étang de Thau, la Section Régionale de Conchyliculture Méditerranée (SRCM), dirigée par Denis Régler, a mis en place deux axes de travail.
Le premier passe par le développement du captage naturel qui n'existe pas dans l'étang de Thau à cause de la richesse du milieu. En effet, les supports sur lesquels pourraient se fixer les juvéniles sont très vite colonisés par les autres espèces.
La seconde piste consisterait à créer une écloserie afin de développer de nouvelles souches moins productives mais plus résistantes. A suivre...
Voilà une vidéo où Annie Castaldo, conchylicultrice, nous parle de la mortalité de ses petites huîtres.
http://www.dailymotion.com/video/x67qi1_mortalite-des-huitres-annie-castald_news
Merci à www.roquerols.fr
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