Marseillan

Marseillan

 

Marseillan (Massilhàn, en occitan) est une commune du département de l'Hérault. Depuis le 31 décembre 2002, elle fait partie de la Communauté d'Agglomération du Bassin de Thau (CABT)  Ses habitants sont appelés les Marseillanais.

 

Son blason

Les armes de Marseillan se blasonnent ainsi : d'argent, à trois pals de gueules.

Elles constituaient à l'origine le blason d'Ermengaud de Marseillan et possédaient quatre pals

 

Son histoire

Il a été émis l'hypothèse que Marseillan aurait été fondée par les Phocéens aux alentours de 550 av. J.-C dans une zone d'abord habitée par des peuplades ligures ou ibères La région fut ensuite occupée par les Volques Arécomiques (durant le IIIe siècle av. J.-C.?), puis par les Romains (probablement à partir de 121 av. J.-C.).

Vers la fin de l'Empire romain d'Occident, les Vandales ravagèrent la Narbonnaise (Ves.), et, lorsque sa désintégration fut complète, le territoire de Marseillan tomba sous la domination wisigothe. Les Sarrasins occupèrent à leur tour la Septimanie, réunie au royaume franc par Pépin le Bref en 761.

À l'époque féodale, Marseillan devint une seigneurie laïque qui passa plus tard (1187) sous la férule de l'évêque d'Agde, lui-même vassal du comte de Toulouse, puis, après la croisade contre les Albigeois, du roi de France. On sait d'ailleurs que sa population ne fut pas insensible au catharisme puisque « tous les hommes de Marseillan » furent excommuniés par le légat du pape Honorius III (1218). L'apparition du consulat marseillanais est de peu antérieure (1170).

Le XIVe siècle est marqué comme ailleurs par les épidémies de peste qui touchèrent la ville en 1348, 1361 et 1375. Si le catharisme avait eu un succès certain à Marseillan, elle resta néanmoins catholique durant les guerres de religion.

La ville put s'affranchir du pouvoir de l'évêque en 1563, et être désormais administrée par ses seuls consuls. La peste revint en 1572, 1628 et 1629. Le XVIIe siècle vit la reconstruction de l'église Saint-Jean-Baptiste et la création de confréries de pénitents bleus, blancs, noirs et gris. En 1683, le canal du Midi, qui débouche sur l'étang de Thau au voisinage de Marseillan, est ouvert à la navigation.

La Révolution fut une période de tensions à Marseillan. Une fois les passions apaisées, un nouveau conseil municipal décida la destruction des fortifications (1802), puis le culte fut rétabli (en 1803, dans l'église Saint-Roch jusqu'en 1822). À la Restauration, une école de filles dirigée par les sœurs de Saint-Maur fut créée (1819), suivie au début de la Monarchie de Juillet par une école publique, avec une classe gratuite (1831).

En 1849, une nouvelle épidémie de choléra frappa Marseillan.

À la fin du siècle, ce fut le phylloxéra qui s'abattit sur la commune (février 1876) ; elle dut attendre 1881 pour reconstituer son vignoble, de nouveau fortement touché par la crise vinicole de 1907.

Comme toutes les communes de France, Marseillan paya son tribut lors de la Grande Guerre ; elle vit aussi l'installation d'un hôpital pour blessés, et l'un de ses enfants, le général Roques, commander la Ire armée française.

Durant la seconde Guerre Mondiale, les Allemands construisirent des casemates aux Onglous, dont les habitants furent évacués, et entreprirent le creusement d'un fossé anti-char entre l'étang de Thau et la mer Méditerranée, continué plus tard par la municipalité pour créer un canal navigable

L'après-guerre vit le développement de Marseillan-Plage.

 

Jeux et traditions

Les joutes nautiques :

Comme dans un grand nombre de communes de l'Hérault, des joutes nautiques selon la méthode languedocienne ont lieu en été dans le petit port de Marseillan.

La ville possède un club de joutes, la Lance Olympique Marseillanaise dont certains joueurs concourent à la Saint-Louis (voir Pierre Sécolier, 2009 et Jérôme Pruneau, 2003), compétition prestigieuse organisée par la ville de Sète.

La Belle Scribote :

La Belle Scribote est une légende Marseillanaise qui a traversé les siècles : pendant les étés 2005, 2006, 2007 et 2008 près de 150 bénévoles ont mis au point une comédie musicale retraçant le périple de Jean Mas, engagé dans les armées Infidèles pour tenter de sauver sa belle, la « Scribote », enlevée par des Barbaresques.

Maitre Pierre

Tous les enfants de Marseillan ont défilé un jour, costumés, derrière Maître Pierre à l'occasion de la fête locale. Ce personnage déguisé en arlequin, bossu, coiffé d'un bicorne et doté d'une longue canne les guide au travers de la ville. Cette tradition remonterait au XVIIe siècle à l'époque de la gabelle et du sel de contrebande : Maître Pierre aurait été meunier à Marseillan, la douane aurait voulu contrôler son sac le soupçonnant d'y transporter du sel. La farine se serait alors envolée à la face des douaniers. Cette farce serait à l'origine de la tradition, la farine était envoyée par des soufflets le jour du carnaval (la danse soufflée) mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Les enfants qui suivaient Maître Pierre dans le village frappaient autrefois dans des soufflets en bois décorés de rubans et on entendait venir de loin le joyeux cortège.

Le jeu du Capelet

Durant l'été, c'est dans ce port qu'a lieu le 14 juillet et le 16 août de chaque année le jeu traditionnel du « Capelet » (dit aussi « course à la bigue »), au cours duquel les concurrents doivent attraper deux chapeaux (théoriquement des haut-de-forme) placés à l'extrémité d'un mât enduit de savon noir, le mât* étant lui-même fixé à une barge et placé au dessus de l'eau du port. La chaude ambiance qui règne alors sur les quais est toujours un grand moment de la vie marseillanaise (voir Sécolier, 2009).

L'origine du jeu n'est pas clairement établie. Il remonte toutefois à plusieurs siècles, et on peut supposer qu'il s'agit d'un jeu d'adresse autrefois pratiqué par les marins, afin de s'entraîner à la manœuvre dans des eaux agitées. Il est également de tradition qu'au cours d'une pause, au milieu du jeu, des personnages au visage noirci viennent distraire les spectateurs par des pitreries effectuées sur le mât. Certains y voient une évocation grotesque des « indigènes » que certains marins pouvaient être amenés à rencontrer au cours de voyages lointains...

*Le mât en question provient de l'épave du Rhône, un bateau qui transportait des soldats entre l'Afrique et la France et s'était échoué en janvier 1896.

 

Secteurs d'activités

 

Conchyliculture :

L'activité conchylicole est très dépendante de l'état de l'étang de Thau, en ce qui concerne les huîtres et les palourdes. Les moules sont élevées en mer entre Marseillan-plage et Sète. Les concessions exploitées par les mytiliculteurs s'étendent sur plus de 4 230 hectares et produisent 8 000 tonnes de moules par an. Il arrive parfois que la chaleur provoque une croissance excessive des algues, ou eutrophisation : ceci cause un manque d'oxygène dans l'eau et un dégagement d'hydrogène et de soufre. Couramment appelé malaiga en occitan (« mauvaise eau », « mal des eaux »), il entraîne la mort de nombreux coquillages, et peut mettre en péril la récolte de l'année de certains exploitants.

L'été 2008 a été une saison particulièrement funeste pour les huîtres juvéniles. Les conditions climatiques (hiver doux, printemps pluvieux) auraient favorisé le développement d'agents pathogènes comme l'Ostreid Herpes Virus 1 ou le Vibrio splendidus : dans le premier cas, le surdéveloppement des algues dont se nourrissent les huîtres aurait provoqué une croissance précoce et donc une vulnérabilité accrue aux contaminations virales et bactériennes. En réaction aux dommages occasionnés par ces pertes, le département a proposé une aide d'un million d'euros aux ostréiculteurs touchés (exonération des charges domaniales, prêts bonifiés pour le rachat de naissains...). La période de surmortalité a été classée « calamité agricole » (voir Sécolier, 2009).

Viticulture :

Le secteur viticole a toujours représenté une part importante de l'économie locale. Il produit aussi bien des vins blancs (Terret Bourret, Sauvignon, Chardonnay) que des vins rouges (Merlot, Cabernet, Sauvignon) ou rosés (Syrah, Grenache)

On notera de même la présence à Marseillan des chais Noilly-Prat, lieu unique de production de cet apéritif bien connu.

Tourisme :

Le tourisme, qui inclut particulièrement les sports nautiques (base de l'école de voile Les Glénans, le Cercle de Voile de Marseillan, 2e club de Méditerranée en dériveurs solitaires), est une des activités notables de la ville. Loin de se cantonner près de l'étang de Thau, Marseillan possède une extension balnéaire qui se rapproche du Cap d'Agde et touche directement la Méditerranée : Marseillan-Plage.


Commentaires (3)

1. bb 21/08/2010

Robinson est le nom d'un camping. La plage de Marseillan n'a pas de nom particulier (Marseillan Plage, peut-être ?).

2. Les Temps de Thau 12/08/2010

Bonjour,
C'est une bonne question. Malheureusement, je n'ai pas la réponse.
Chers visiteurs, si l'un d'entre vous a la solution, n'hésitez pas à nous la communiquer, l'information sera rapidement mise en ligne...

3. jac amps 07/07/2010

Quelle est l'origine du nom de Robinson pour la plage de Marseillan? Merci.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire