La chanson des joutes

La chanson des joutes

Mariés, tenez-vous bien,
Voici la jeunesse qui arrive
Avec son chef de file,
Nez en l’air et le jarret tendu.
Pavillons, jouteurs et puis les joueurs de tambour,
Sans oublier le hautbois
Qui soufflera tout aujourd’hui.

Sur la tintaine, mariés
Qui donc s’y hasarde ?
Vous serez tous renversés
Comme des châteaux de cartes.
Vous tomberez à l’eau,
Aplatis comme une sole
Et vous coulerez au fond
Comme une balle de plomb.

Dès que le signal est donné,
Souffle, hautbois ! La barque est en route.
Puis trois saluts, comme il faut
Et chaque jouteur s’arc-boute.
Quel beau coup de lance !
La tintaine en balance,
Un pavois est crevé, mais personne n’est tombé.

Les jeunes écervelés des bleus
Qui riaient du pavillon rouge,
Avaient parié dix écus
Qu’ils en feraient tomber au moins douze.
Ils l’ont eu amère,
Ils ont eu la chemise mouillée,
La lance et le pavois, le gaucher en a fait tomber trois.

Les joutes de la Saint Louis
Sont quelque chose qui ne nous lasse jamais,
Et tout Sète ce réjouit,
Les étrangers viennent en masse.
Tant qu’on aura la bordigue,
N’ayez pas peur qu’elles s’arrêtent,
Ce jeu se fera tant que Sète durera.